Il s’agit d’un sans-papier originaire de Saïda. Son assassin présumé est de la même région que lui. Le lieu du crime se trouve dans un quartier, réputé pour avoir été un fief du GIA dans les années 1990.
Plusieurs jours sont passés avant que les services de Scotland Yard puissent identifier avant-hier soir, le corps décapité d’un homme, découvert dans le vide-ordure d’une grande surface à Kilburn, un quartier situé au nord-ouest de Londres.
Il s’agit de Lakhdar Ouyahia, un Algérien de 43 ans. Sa dépouille en sang était enveloppée dans une couverture. Grâce a un recoupement d’informations, les enquêteurs ont retrouvé la tête de la victime, a quelques encablures de la grande surface, dans un canal.
Un compatriote, Mohamed Boudjenane, 45 ans, est accusé du meurtre. Il devait être présenté hier au tribunal. Jusqu'à hier soir, les mobiles du crime n’étaient pas encore connus.
La police ignore par ailleurs si l’assassin a agi seul ou avait des complices. Selon des sources dignes de foi, la victime et son meurtrier sont de la même région, Saïda, et se connaissaient bien.
M. Ouyahia vivait en situation irrégulière dans la capitale britannique depuis près d’une vingtaine d’années. Il travaillait au noir, en qualité d’agent d’électricité. Son entourage le décrit comme étant une personne “gentille” et sans
problèmes. Son assassinat s’est produit dans le quartier où il habitait.
Kilburn est réputé pour avoir été un fief des activistes du GIA pendant les années 1990. D’après nos sources, la façon odieuse dont la victime a été tuée, rappelle les méthodes du groupe armé algérien, et laisse donc penser à un crime déguisé en vendetta terroriste. Il pourrait s’agir également d’un règlement de compte comme il y en a tant dans les gangs, pour une affaire de drogue ou de contrebande. L’implication des Algériens dans ce genre de business a été révélée au grand jour par les services de sécurité britanniques, il y a quelques semaines, en annonçant que les groupes de banditisme les plus importants de Londres sont formés d’Algériens et de Nigérians. Leur façon d’agir n’a rien à envier aux procédés de la maffia, y compris les liquidations physiques les plus barbares.
Il est à noter que le présumé coupable a été interpellé à une centaine de kilomètres du lieu du crime mais il réside dans le même quartier que la victime. Cet assassinat a produit une onde de choc au sein de la communauté algérienne résidant à Londres. C’est la première fois qu’un crime aussi ignoble impliquant des compatriotes est enregistré.
Le fait divers est largement relayé par les tabloïds britanniques et les différentes chaînes de télévision. Dans les prochains jours, l’enquête de la police mettra à nu les dessous de cette affaire.