Les présidents Bouteflika et Poutine ont scellé hier à Moscou l'accord portant sur le remplacement des 15 Mig-29 jugés non conformes aux clauses contractuelles par des Mig-29 M2 et Mig-35, autrement plus performants et plus chers.
Rien de précis n'a filtré sur le nombre d'appareils à acquérir à la lumière des nouvelles conditions concernant notamment le prix de ces avions de guerre dits de la dernière fournée de l'industrie militaire russe.
La question du gaz et d'un éventuel cartel, à l'image de l'Opep pour le pétrole, a été au menu des discussions entre les deux chefs d'Etat.
Le président Bouteflika est depuis hier à Moscou, en visite de deux jours et l’on a déjà annoncé que le litige opposant les deux parties au sujet des 15 MIG 29 jugés par Alger, «de qualité inférieure» serait réglé de façon à permettre aux relations excellentes entre Alger et Moscou, d’aller davantage de l’avant.
Selon l’influent quotidien russe « Kommersant », connu pour sa périphérie avec les milieux politique et économique, « l’Algérie va rendre prochainement à la Russie 15 chasseurs Mig-29, fournis en 2006- 2007 ».
Citant une source de la Compagnie aéronautique unifiée russe, le journal affirme qu’un « accord officiel dans ce sens a été signé la semaine dernière entre les responsables des forces aériennes algériennes, du service fédéral russe pour la coopération militaire et technique et de la principale entreprise publique russe chargée des exportations d’armements, Rosoboronexport ».
Les 15 chasseurs en litige qui seront remplacés par d’autres unités plus performantes « doivent être rendus à la Russie dans les prochains mois ».
Cette source précise qu’il ne s’agissait pas « de la rupture totale du contrat » signé entre les deux pays, d’un montant de plusieurs milliards de dollars.
Pour cela, « la Russie propose à l’Algérie de remplacer les 15 Mig-29 par des avions plus modernes, mais beaucoup plus chers, les Mig- 29M2 ou Mig-35 », quant aux chasseurs refusés par l’Algérie, « ils pourraient être vendus au ministère russe de la Défense ou à un pays tiers », rapportait le journal moscovite.
D’autres sources apparemment non crédibles avancent une autre explication à la décision d’Alger de contester les avions russes. Pour elles, l’Algérie aurait opté pour les rafales français, « sous la pression » de la France.
Depuis quand l’Algérie obéit-elle au désir d’un pays tiers, notamment quand il s’agit de ses acquisitions en armement ? Et puis, comment l’avion français qu’aucun pays, hormis la Libye, n’a acheté jusque-là, y compris le Maroc dont on sait les accointances avec Paris, peut être fourgué à l’Algérie qui a toujours bien négocié ses acquisitions militaires ?
Cela dit, Bouteflika, qui est accompagné dans ce déplacement par une forte délégation ministérielle comprenant les ministres de l’Energie, du Transport, des Finances et le ministre délégué à la Défense, va confirmer à ses interlocuteurs russes, et à leur tête le président Poutine, la poursuite du partenariat stratégique signé entre les deux pays. L’Algérie est le premier pays arabe à avoir hissé son partenariat avec la Russie à un niveau si élevé.
« Les questions de coopération militaire seront notamment au menu de la rencontre, y compris certains aspects plus précis de cette coopération », a dit hier à une agence occidentale le porte-parole du Kremlin, Dmtri Peskov.
L’Energie fait également partie des dossiers lourds qui seront discutés à cette occasion, et l’idée de la création d’une OPEP du gaz défendue par Moscou sera en bonne place pour peu que le ministre de l’Energie algérien qui a affiché son opposition à ce projet, se mette à l’écart.