C’est aujourd’hui que la défense de Rafik Abdelmoumène Khalifa répondra à la partie civile dans le cadre de la demande de son extradition déposée par la justice algérienne. Les regards des observateurs dans cette affaire seront braqués sur le tribunal de Westminster, même si cette affaire ne sera ficelée que dans un temps pas forcément très proche.
Le milliardaire en fuite dispose de la possibilité de répondre dans plusieurs phases, explique une source judiciaire. La partie civile dans cette affaire est représentée par les autorités judicaires algériennes dont la cause sera défendue par des avocats dépêchés en Angleterre.
La justice britannique avait auparavant donné son feu vert, en août de l’année dernière, pour l’extradition du président de l’ex-groupe Khalifa vers la France, autre pays demandeur de Rafik Abdelmoumène Khalifa, en vertu d’un mandat d’arrêt européen lancé à son encontre. Ce qui a été pris en charge par les avocats assurant la défense du «golden boy».
Il dispose d’un droit de recours qui pourrait prendre un certain temps avant la prise de décision finale de la justice britannique. Entre-temps, la demande d’extradition formulée par la justice algérienne suit son cours. Une première demande d’extradition aurait été déposée par l’Algérie auprès des autorités judiciaires britanniques en 2004.
La justice britannique aurait demandé à son homologue, algérienne, de répondre à certaines «exigences». Ce qui aurait été fait. Cette demande a été jugée recevable par la justice britannique en décembre de l’année dernière. Des sources proches de ce dossier ajoutent que l’Algérie s’est assurée du soutien d’un ministère britannique dans la perspective d’obtenir cette extradition.
«Les extraditions à partir du sol britannique, surtout lorsque la personne demandée dispose d’un droit d’asile, sont très complexes et répondent à différentes considérations mais il faut souligner que les choses ont évolué entre les parties algérienne et britannique», estime une source proche de ce dossier qui cite des considérations d’ordre économique.
«Ce qu’il ne faut jamais oublier c’est que ces questions dépendent, de façon non negligeable, de la chose politique», ajoute cette source qui met en relief l’amélioration des rapports économiques et politiques entre l’Algérie et la Grande-Bretagne.
«La coopération entre ces deux pays en matière de lutte antiterroriste pourrait jouer un rôle important en faveur de la demande d’extradition déposée par l’Algérie», selon cette source au fait de ce dossier qui refait surface à chaque rebondissement, tandis que l’instruction judiciaire sur d’autres affaires liées à ce qui est qualifié en Algérie de «scandale du siècle» suivent leur cours dans ce pays.
Une source croit savoir, d’autre part et dans le cadre de la coopération sécuritaire entre l’Algérie et l’Angleterre, qu’Interpol aurait interféré auprès de Scotland Yard en faveur de la demande d’extradition déposée par les autorités judiciaires algériennes.
«Interpol n’intervient pas dans les prérogatives de la justice et ne décide pas de l’acceptation ou du refus d’une extradition mais son intervention auprès de Scotland Yard pourrait peser dans la prise en considération par les autorités britanniques de la coopération sécuritaire entre l’Algérie et l’Angleterre dans la suite à donner à la demande d’extradition déposée par l’Algérie», lance cette source.
Le feu vert donné par la justice britannique pour l’extradition de Rafik Abdelmoumène Khalifa pourrait peut être gelé avec la recevabilité de la demande algérienne par la justice britannique.