[Alger – 13 mars 2008] 19 h 00, une foule immense à l’entrée de la salle Ibn Zeydoun. Les services d’ordre ne font passer les spectateurs qu’au compte goute, pour éviter tout débordement. Je n’ai pu que me féliciter de l’initiative que j’ai eu d’acheter mes billets la veille (j’ai d’ailleurs eu les 6 premiers numéros). On n’est jamais assez prudent !
J’attends l’entrée des artistes qui tarde à venir. Les gens s’installent comme ils peuvent, malgré le manque de place. Plusieurs personnes se font refouler à l’entrée, billet en main. Je me dis que le groupe doit être exceptionnel, pour qu’il y ait une liesse aussi importante.
On vient alors nous annoncer l’entrée du groupe, en nous mettant en garde que le concert donné précédemment à Oran les avait particulièrement marqué, le public ayant été extrêmement réceptif. Les algérois ont tout de suite senti qu’il fallait être à la hauteur.
Enfin, le show commence. Et quel show ! Aux premières notes de goumbri, tout le monde se lève et avance instinctivement vers la scène pour danser. Commence alors une surenchère entre le groupe et le public, qui ne s’arrêtera pas une minute durant les 2 heures de concert. Une véritable symbiose s’est créée entre eux. Djmawi Africa se nourrissait de l’énergie que lui offrait son public, alors que ce dernier, sentant la ferveur et le plaisir pris par le groupe, n’en était que plus excité.
Les chansons s’enchainent, le goumbri perd une corde, les karkabous claquent, les cris retentissent, les mains tapent, les lèvres chantent... Une émotion particulière s’est fait sentir dans la salle lorsque Fethi a chanté « Mama », une chanson dédiée à toutes les mamans.
C’est difficile de décrire l’ambiance qui régnait. Il fallait vraiment y être. Le groupe a su mélanger la musique gnawi avec du rock (« Lil twil », j’ai d’ailleurs particulièrement apprécié le jeu de la basse, et le morceau « Zmen » avec le violon qui me faisait penser à des danses celtiques), avec des tons reggae (« Lila gnawya »), et autres notes d’Afrique de l’Ouest (« M’sahra jina »). Mais, là où l’ambiance est réellement devenue survoltée c’est lors des morceaux « Zawali », « Jbal » et « Lala Aïcha ».
2 heures de pur plaisir qu’on a à peine senti passer. Tout était parfait question technique. La sono parfaite, pas un seul effet larsen. On sent le travail et les efforts fournis par les organisateurs et le groupe pour que la soirée se déroule sans encombre. Seule note de tristesse, l’absence d’un membre du groupe, Mehdi qui, pour des raisons professionnelles, n’a pu se joindre à ses acolytes.
En sortant du concert, j’avais le sourire accroché au visage. Je n’avais qu’une envie : remercier les Djmawi Africa pour tout ce qu’ils ont pu nous donner, et toutes les sensations que j’ai pu éprouver durant le show.
Alors, merci Messieurs, et chapeau bas !
Une question cependant me taraude l’esprit, à laquelle je n’ai pas pu répondre, et pourtant je me suis creusée la tête : qu’est ce que faisait le drapeau anglais dans les bras d’un spectateur ? Le dialogue des civilisations à l’algérienne, peut être...
Bouchra B: Lekra3.com