L'information rapportée par Le Courrier d'Algérie, dans une précédente édition, vient d'être confirmée par des sources sécuritaires. C'est désormais avéré, même si on ne sait pas encore à quel moment les autorités algériennes se décideront à en faire véritablement l'annonce.
Mokhtar Belmokhtar, alias Belaâouar, a déposé les armes, en compagnie d'une quinzaine de ses hommes, et a accepté d'être placé sous la protection directe de la délégation venue spécialement d'Alger pour cela.
MBM, qui était en trêve depuis plus de deux années, vivait quelque part sous la protection de certaines tribus du Sud algérien. Ce n'est, du reste, pas un hasard si c'est le fameux Hadj Bettou en personne qui a joué le rôle d'intermédiaire entre les autorités et ce groupe terroriste.
Pendant très longtemps, MBM avait été accusé de « tous les maux », et devait « assumer » tous les attentats terroristes commis dans le Grand Sud algérien. Cela se produisait sous les plumes de certains nouveaux venus dans la presse, ne connaissant que ce nom et faussant bien souvent un dialogue qui s'était avéré ardu depuis le début.
Mokhtar Belmokhtar, qui s'est rendu, nous dit-on, en compagnie d'une quinzaine d'hommes, avait pensé à cette reddition dès la fameuse affaire de l'enlèvement des touristes. Cet acte, que beaucoup avaient tenté de lui attribuer, avait été commis par Amari Saïfi, alias Abderrezak El Para.
MBM s'y était farouchement opposé, nous racontent des sources qui ont eu l'heur de suivre plus ou moins en direct ces négociations. D'ailleurs, Abderrezak El Para a fini par être fait prisonnier par les rebelles tchadiens quelques jours à peine après la libération du second groupe d'otages après la remise de la rançon par les négociateurs allemands.
MBM, dont la doctrine djihadiste est proche de celle de Hassan Hattab, se contentait de fouiller les touristes rencontrés en vue de leur enlever les objets archéologiques en leur possession et parfois leurs véhicules tout-terrain, sans nuire à leur intégrité physique. Sa reddition, à laquelle il pensait dès la proclamation, jamais officialisée de Hattab, mais aussi à la suite du « fiasco » lié à l'enlèvement de ces touristes, avait commencé à mûrir dans sa tête.
Ceux qui le disaient, assez régulièrement, réfugié dans le Nord du Mali, étaient sans doute loin de se douter qu'il n'a plus quitté le territoire national depuis plusieurs années. Ils le seraient encore plus s'ils apprenaient que, contrairement à ce qui pourrait être pensé de prime abord, MBM est de peau très blanche, avec des cheveux et des yeux très clairs.
Dès que ce groupe a cessé toute action hostile contre les autorités algériennes, gelant même en partie le trafic d'armes et de drogue aux frontières algériennes du sud, des services secrets de pays voisins et « amis » se sont mis à s'agiter, tant ce groupe semblait servir grandement leurs desseins, à savoir l'avènement de l'Africom et même l'installation de GI's dans la zone sahélosaharienne du continent africain.
MBM aurait surtout demandé, lors de ces négociations, qui ont véritablement traîné dans le temps, que l'on ne lui fasse pas assumer certains actes terroristes, qui sont l'oeuvre des hommes d'El Para.
Il aurait également demandé à bénéficier, lui et ses hommes, des termes de la charte pour la paix et la réconciliation nationale. Il aurait ainsi obtenu une sorte d'amnistie générale, comme celle dont aurait bénéficié Hassan Hattab, lequel est également « retenu » dans un lieu secret pour d'évidentes raisons de sécurité.
L'officialisation de cette reddition porte ainsi un sérieux coup au GSPC dans le Sud algérien. MBM, très apprécié par les tribus locales, assurait en effet le plus gros des approvisionnements en armes, en munitions et même en explosifs vers les maquis du Sud.
Des services secrets étrangers auraient même cherché à le liquider avant qu'il n'officialise sa reddition, puisque celle-ci vient également couper l'herbe sous les pieds d'Al Qaïda, et donc de l'Africom et du débarquement US dans la région, où demeurent, toutefois, les survivants du groupe d'El Para. Ces derniers sont scindés en deux groupes, nous explique-t-on. L'un opère sous la direction d'Abou Zeïd.
Le second sous celle d'Abou Amar. C'est le premier cité qui se trouve, notamment, derrière l'attentat qui avait visé, au sol, un avion à l'aéroport d'In Aménas. Il pourrait, nous dit-on, avoir partie liée avec l'enlèvement des deux touristes autrichiens.
Mais, si tel était le cas, ce ne serait qu'à travers des conseils fournis aux terroristes tunisiens, voire libyens. Cette affaire, qui s'est bel et bien enlisée, mettant en péril la vie des otages, a débouché, comme nous en exprimions la crainte, sur la non-reconduction de l'ultimatum ainsi que le changement des revendications.
Cellesci demeurent, cependant, tout aussi difficiles à satisfaire que les premières. La vie de ces deux otages ne tiendrait, hélas, qu'à un fil, sachant que leur mort pourrait rendre d'insignes services aux tenants de l'Africom et consorts…