Un patrimoine et des révélations.
Le jeune Mosbah Guergour remporte le grand prix du festival de la chanson sétifienne
Sublime ! Le mot n’est pas trop fort pour qualifier cette extraordinaire soirée de clôture du premier festival de la chanson sétifienne qui s’est tenu à Sétif. Une activité à la fois belle et interne qui a marqué durant 5 jours les espaces de la maison de la culture Houari Boumediène et permis de faire émerger de véritables révélations de la chanson sétifienne. Un festival, le premier du genre, d’autant plus important qu’il n’aura pas relevé du conjoncturel, mais aura fait dans la durée, 5 mois durant, pour permettre au jury de passer au crible 121 jeunes candidats et n’en garder, pour cette phase finale, que 21 qui auront ainsi mis l’art et la manière pour étaler, au cœur de la cité de Aïn-Fouara, leur extraordinaire talent.
Placé sous le haut patronage de la ministre de la Culture et du wali de Sétif, présents aux deux soirées d’ouverture et de clôture en compagnie de l'ensemble des autorités locales et manifestant un intérêt particulier pour l’acte culturel. Ce festival en fixa en effet plus d’un, de tous ceux là qui commençaient à douter de l’avenir de la chanson sétifienne, jusque-là encore «cloîtrée» dans les entrailles d’un nombre infime de chanteurs qui en réclamaient le monopole.
Une rencontre comme on aimerait tant voir qui est venue alors apporter la juste réponse et nous affirmer que ce merveilleux patrimoine sétifien n’était pas encore mort et n’était pas encore prêt à succomber dans les méandres de l’oubli avec tous ces jeunes talents qui ont su creuser dans les profondeurs de cette richesse inestimable et en tirer beaucoup de secrets que seuls beaucoup d’adeptes du «sraoui» sétifien fredonnaient dans la salle. Dans cette mélodie envoûtante d’un «sraoui» retrouvé, planant sur les hauteurs de la cité de Aïn-fouara, les jeunes Guergour, Mosbah, Kelaguel Khchih, Boudima Rédha et Bacha Imed, les meilleurs des meilleurs, auront su défier tous ces grands de la chanson sétifienne, pour nous faire voguer au rythme de ces inattendus secrets d’un patrimoine de rêve.
Ils le firent d’autant bien que dans cette salle devenue soudainement trop exiguë et où prenaient place M. Bedoui Noureddine ainsi que les autorités locales parmi lesquelles M. Mohamed Dib, un président d’APC visiblement débordant de fierté. Tous ces génies en herbe surent conquérir d’entrée l’affluence qui les ovationnait à ne plus en finir.
«La valeur n’attendant point le nombre des années», ces 4 jeunes pétris de qualités faisaient alors l’unanimité sous l’œil reconnaissant de Samir Staïfi et Bakakchi El-Khier, ces «maîtres» de la chanson sétifienne qui eurent droit ce soir à un espace d’honneur et abondaient dans le sens des décisions d’un jury, composé par des férus en la matière à l’instar de Cherif Kortbi, Noubli Fadhel, Abdallah Kriou, Amor Boukhadem et Amar Guemidji.
Ce dernier, rapporteur du jury, n’a pas manqué de souligner l’intérêt porté par le wali et le commissariat de ce festival à ce genre de rencontre et à la culture d’une façon générale, avant de faire lecture d’une série de recommandations allant dans le sens de la consolidation du festival de la chanson sétifienne, dont la première partie de cette cérémonie de clôture sera animée par le nouvel orchestre polyphonique du commissariat et d’autres chanteurs de renom à l’instar de cheba Yamina, Fouad Mokrane et Mourad Staïfi.
Le président de l’APC de Sétif, qui a procédé à la clôture de cette première édition, n’a pas manqué de faire état de son entière disponibilité à impulser davantage la vie culturelle dans la cité et a remercié tous ceux qui ont contribué à la réussite de cette première rencontre.
F. Z. Elmoudjahid